Horreur

#275 Carrie de Stephen King

A dix-sept ans, solitaire, timide et pas vraiment jolie, Carrie White vit un calvaire, victime du fanatisme religieux de sa mère et des moqueries incessantes de ses camarades de classe. Sans compter ce don, cet étrange pouvoir de déplacer les objets à distance, bien qu’elle le maîtrise encore avec difficulté…
Un jour, cependant, la chance paraît lui sourire. Tommy Ross, le seul garçon qui semble la comprendre et l’aimer, l’invite au bal de printemps de l’école. Une marque d’attention qu’elle n’aurait jamais espérée, et peut-être même le signe d’un renouveau ! Loin d’être la souillonne que tous fustigent, elle resplendit et se sent renaître à la vie. Mais c’est compter sans l’aigreur et la mesquinerie des autres élèves. Cette invitation, trop belle pour être vraie, ne cache-t-elle pas un piège plus cruel encore que les autres ?

Note: 5/5

Mon avis:

Composé d’extraits d’interrogatoires, de bouts d’enquêtes sur « le cas Carrie White » et de témoignages de survivants, ce livre très court  nous fait monter l’angoisse rapidement et nous permet de nous attacher profondément à Carrie! Nous voyons peu à peu tous les éléments, les actes des uns et des autres, qu’ils aient été mauvais ou bien intentionnés, tout ce qui a conduit à cette nuit maudite.

Mais surtout il nous offre une série de personnages complexes, majoritairement féminins. Car ici, les thèmes récurrents sont la Femme et le Sang, deux thèmes étroitement liés symboliquement (d’ailleurs le sang utilisé à un moment proviendra de deux truies, le porc étant laissé de côté).  La première scène en est la parfaite illustration puisque nous avons toutes les filles sous la douche au lycée et Carrie qui a alors ses règles. Le décor est planté, brutalement certes, mais nous sommes ainsi plongés dans l’ambiance malsaine et un peu glauque qui règnera tout au long de l’histoire.

Carrie est adolescente qui semble si « grossière » physiquement voire même mentalement dès le début parce que c’est ainsi que sa mère l’élève et que c’est ainsi que les autres la perçoivent. Elevée par une mère méthodiste profondément intégriste, elle s’habille de manière a respecter les codes de pudeur imposés par sa mère et tout est péchés pour elle. Totalement traumatisée par les brimades quotidiennes chez elle ou à l’école, elle développe un don de télékinésie comme mécanisme de défense. Raison de plus pour sa mère de la voir comme la fille du Diable, impure et pécheresse.

Margaret White, la mère donc, est particulièrement angoissante. Elle vit dans la religion mais à l’extrême. Aucun plaisir n’est toléré, la femme est  une espèce d’abomination et elle doit expier tous ses péchés dans le sang. En fait tout au long des pages, plus nous voyons Carrie tenter de s’affranchir de ce joug mental en s’émancipant, plus nous la voyons sombrer dans la folie.

Sue et Chris, sont élèves dans le même lycée que Carrie et sont un peu le symbole d’une jeunesse totalement désabusée qui n’espère plus grand chose de l’avenir. Si toutes les deux sont certaines de maîtriser leur vie et surtout leur copain respectif, elles sont très différentes.

Sue regrette énormément d’avoir été cruelle avec Carrie. Elle est très souvent en pleine introspection et tente de changer pour devenir une personne meilleure. Elle va alors pousser son petit ami Tommy à inviter Carrie au bal pour tenter d’aider la jeune fille à s’ouvrir. Et si il accepte pour Sue, au final, il va y prendre du plaisir et ainsi reprendre le contrôle. Quant à Chris, elle est vraiment odieuse et sans scrupules. C’est elle l’instigatrice de choses horribles et elle n’hésite pas à monnayer son corps pour pousser son petit-ami à faire ce qu’elle veut. Pourtant, elle va s’apercevoir peu à peu que c’est bien lui qui mène la danse et qu’elle est loin de le maîtriser.

Enfin, nous avons la prof de sport, Mme Desjardins, qui oscille entre pitié et répulsion envers Carrie mais qui va devoir se positionner en tant qu’adulte. La punition exemplaire qu’elle va donner aux bourreaux de la jeune fille sera aussi un déclencheur à la nuit fatidique.

Bref, chacun des personnages va être emmené à se révéler totalement ( quitte à se surprendre eux-mêmes ),  à prendre position et à en subir les conséquences.

Stephen King nous raconte ici une histoire cruelle et au fond terriblement triste, nous poussant à réfléchir à notre propre comportement envers les autres. Ecrit par moment sur un ton saccadé pour appuyer sur le désespoir et les angoisses, coupé par les documents qui émaillent la lecture, le livre tient en haleine et fait monter la tension d’une manière magistrale et il aura été un énorme coup de coeur tout comme le film de Brian de Palma.

 

 

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